Le président,
le parrain et les millions

L'un des meilleurs amis de Vladimir Poutine a touché des sommes considérables via des sociétés offshores et des comptes bancaires suisses

La photo montre cinq personnes dans une chapelle avec, à l’arrière-plan, un vitrail de la Sainte Vierge. Au centre, le jeune officier des services secrets Vladimir Vladimirovitch Poutine, 32 ans, aux côtés de sa femme. Il tient dans ses bras leur fille en habits de baptême.

Nous sommes au printemps 1985. Le cliché a été pris lors du baptême de son premier enfant, Maria. A droite de la photo se tient le parrain, Sergei Roldugin, un ami très proche de Poutine. Un homme que le futur président a, dans leur jeunesse, défendu de ses propres mains contre des voyous.

Jusqu’à hier, ce parrain était un musicien peu connu de Saint-Pétersbourg. Dès aujourd’hui, il est l’une des figures les plus marquantes des Panama Papers, la plus grande fuite de données de tous les temps.

Ces documents inédits racontent comment l’ami de la famille Poutine a reçu les droits sur des prêts d’une valeur de plusieurs dizaines de millions de dollars via des sociétés-écrans. Parfois sans contrepartie apparente. Le violoncelliste a également pu exercer une influence sur un géant russe de l’armement pesant des milliards ainsi que sur une société commercialisant la publicité de très nombreuses chaînes de télévisions russes.

Une banque en Suisse a participé à la plupart de ces opérations.

Le compte

Siège de Gazprombank Suisse à Zürich

En avril 2014, les banques suisses sont nerveuses. Des personnes importantes de l’entourage de Poutine font depuis quelques jours l’objet de sanctions internationales. Les Russes qui veulent ouvrir un compte sont considérés avec méfiance.

Pourtant, au même moment, un employé de la division «Client Relations» de Gazprombank Suisse s’engage dans une ouverture de compte risquée au nom d’une société-écran panaméenne: International Media Overseas SA, IMO en abrégé.

La raison d’être d’IMO? Elle figure noir sur blanc dans les documents des Panama Papers. Il s’agit d’un «bouclier qui sert en premier lieu à protéger et à garder secret l’identité de l’ayant droit économique».

L’homme derrière cette société gagne beaucoup d’argent: rien qu’en 2013, il a empoché environ 10 millions de francs avec IMO. Autant que le directeur de Credit Suisse en 2014.

Un autre document dévoile son nom: Sergei Roldugin, musicien.

Sergei Roldugin, violoncelliste

Sergei Roldugin, violoncelliste

Depuis que Poutine est devenu président en 2000, l’homme s’est répandu dans de nombreuses biographies et films documentaires sur son étroite relation avec le chef d’Etat russe. Une simple recherche sur Wikipédia permettait, en 2014 déjà, de voir qu’il y est présenté comme un de ses meilleurs amis.

Dans le formulaire d’ouverture du compte chez Gazprombank, Roldugin doit indiquer s’il est un PEP, soit une personne exposée politiquement. Réponse: «Non.» Question suivante: connaît-il un PEP? «Non.» Des réponses manifestement fausses, comme le confirme Mark Pieth, professeur de droit pénal à l’Université de Bâle et expert en lutte contre le blanchiment d’argent: «En droit suisse, Roldugin, en raison de sa proximité avec un chef d’Etat en activité, est clairement une personne exposée.»

David Zollinger, expert en compliance, coauteur d’un commentaire sur la loi sur le blanchiment et ancien procureur, abonde: «Quand vous choisissez une personne comme parrain de votre enfant, il existe de fait une relation mutuelle avec cette personne, explique-t-il. Les seuls liens plus forts avec un chef d’Etat pourraient être ceux du sang ou du mariage.»

La banque a l’obligation légale de corriger les informations erronées du formulaire. L’argent d’un PEP ne peut être accepté qu’à des conditions strictes pour éviter que de l’argent issu de la corruption n’atterrisse dans l’établissement financier. «Si des contrôles avaient été effectués, la banque aurait probablement refusé d’ouvrir le compte», estime Mark Pieth. Car beaucoup de questions restent ouvertes.

«Les riches politiciens et leur famille doivent toujours être en mesure de fournir des justificatifs sur la manière dont ils ont acquis leur fortune, explique David Zollinger. Comment un violoncelliste peut-il gagner dix millions de francs en une année?» D’autant que Roldugin lui-même affirme au New York Times, quelques mois après l’ouverture du compte: «Je ne suis pas millionnaire».

Sa richesse vient peut-être des actions qu’il possède. Roldugin détient notamment quelque 3% des actions de la banque russe Rossia. «Ce qui poserait surtout la question de savoir comment un musicien a eu les moyens de s’acheter une part substantielle des actions d’une banque», rétorque David Zollinger.

Experte américaine de la Russie, Karen Dawisha s’est intéressée de près à l’entourage de Poutine. Elle affirme sans détour: «Roldugin n’avait pas l’argent pour acheter ce paquet d’actions.»

Gazprombank n’a pas répondu à nos multiples sollicitations. Pas même sur le fait que Roldugin est actionnaire de la banque Rossia. Pourtant le nom même de cette banque aurait dû alerter n’importe quel établissement financier suisse. Et cela pour deux raisons au moins.

D’abord, il existe un climat général de prudence envers les opérations financières qui touchent la Russie.

Deuxièmement, en raison de l’annexion de la Crimée par la Russie, les Etats-Unis ont placé depuis mars 2014 la banque Rossia sur leur liste des sanctions, affirmant que l’établissement serait contrôlé par les «trésoriers» de Vladimir Poutine.

A la question de savoir si la société de Roldugin a des relations commerciales avec des entreprises figurant sur listes de sanctions des Etats-Unis, la réponse indiquée sur un formulaire est: «Non.» Pourtant, dans les documents pour l’ouverture du compte, figure le contact d’une personne habilitée à passer des ordres pour le nouveau compte de l’ami de Poutine: il s’agit d’une adresse e-mail anonyme derrière laquelle se cache un employé de la banque Rossia.

Le contrôle secret

Les troupes russes en Géorgie en 2008

A quoi servent les sociétés-écrans de Sergei Roldugin?

Retour en août 2008. L’armée russe pénètre en Géorgie avec des forces aériennes et terrestres. La Russie engage des escadrons entiers de camions militaires blindés. Leur fabricant: Kamaz. Cette société fait partie des fleurons de l’industrie russe. Elle bénéficie de contrats d’armement de plusieurs millions. Vladimir Poutine en personne a visité son usine en 2005.

Vladimir Poutine lors d'une visite de l'usine Kamaz

Vladimir Poutine lors d'une visite de l'usine Kamaz

En cet été 2008, l’entreprise est au zénith. Son chiffre d’affaires pour l’année précédente atteint 3,5 milliards de dollars. Sa valeur est estimée à cinq milliards de dollars.

L’actionnaire principal de Kamaz, avec près de 40%, s’appelle Troika Dialog. Cette banque d’investissement gérée sur le modèle occidental est l'un des partenaires stratégiques du Forum économique de Davos et elle est détenue par des investisseurs privés.

Selon les Panama Papers, Troika Dialog ne contrôlerait pas ses propres actions Kamaz. En effet, dans des contrats secrets, Troika Dialog a cédé ses droits sur ses actions à cinq sociétés offshore. Les cinq propriétaires exerçaient en toute discrétion une influence importante sur le fabricant d’armement Kamaz. L’un d’eux est violoncelliste: Sergei Roldugin.

Grâce à ce contrat, Roldugin et ses quatre partenaires pouvaient influencer la composition du conseil d’administration. Ils avaient également le droit de vendre les actions de Kamaz appartenant à Troika Dialog quand et à qui bon leur semblait.

Plusieurs experts qui ont examiné les contrats secrets des Panama Papers estiment que le contrôle qu’auraient exercé Roldugin et ses partenaires sur les parts de Kamaz était «inhabituellement fort».

On découvre même dans les contrats que le violoncelliste, qui se produisait alors dans les salles de concert, de l’Allemagne au Japon, avait le droit d’inspecter l’usine dans la taïga du Tatarstan.

Kamaz n’a pas répondu à nos questions. L’ancien CEO de Troika Dialog, Ruben Vardanyan, s’est contenté d’affirmer: «Ces informations sont pour la plupart protégées juridiquement et confidentielles.»

Le «contrat Kamaz» donne une piste sur la raison d’être des sociétés offshore de Roldugin. Il s’agirait moins d’argent que de pouvoir. En mars 2008, Poutine doit se retirer après deux mandats présidentiels, comme l’exige la constitution russe. Il devient premier ministre et échange son poste avec Dmitri Medvedev. Ainsi, au moment où Poutine s’apprête à quitter le pouvoir, son ami proche gagne, via une société offshore, de l’influence sur l’une des plus grosses entreprises d’armement du pays.

Les Panama Papers révèlent encore un autre contrat qui donne à un représentant de Roldugin des droits similaires, via une autre société offshore, sur un grand fabricant automobile. Le tout se déroule au terme de la présidence de Poutine.

Et l’influence de Roldugin ne se limite pas aux entreprises industrielles. Toujours en mars 2008, le musicien reçoit soudain, par l’intermédiaire de sa société IMO, des parts d’une entreprise nommée «Med Media Network». Cette entreprise investira plus tard dans une régie qui commercialise la publicité de très nombreuses chaînes de télévision russes.

Les Panama Papers montrent que tout se passe comme si l’ensemble de ces opérations était géré par des employés de la banque Rossia. Les sociétés de Roldugin semblent utilisées comme des marionnettes. La place suisse est directement impliquée: pour leurs échanges au sujet de Kamaz, les partenaires de Roldugin utilisent le numéro de fax d’un cabinet d’avocats réputé sur les rives cossues du lac de Zurich.

Le carrousel doré

Après quatre ans à la tête du gouvernement russe, de 2008 à 2012, Vladimir Poutine compte bien redevenir président. En 2011 déjà, des signes indiquent qu’il s’apprête à revenir au Kremlin. A cette époque, l’activité des sociétés de Roldugin observée dans les Panama Papers évolue sensiblement. Le pouvoir et le contrôle passent au second plan. Désormais, les entreprises de l’ami de Poutine reçoivent des droits sur des prêts colossaux. Manifestement sans contrepartie.

En février 2011, IMO, la société du musicien, reçoit les droits sur un prêt de plus de 200 millions de dollars. A l’origine, c’est une société boîte aux lettres du nom de Sandalwood qui a octroyé ce prêt à neuf chiffres. Mais le lendemain déjà, elle a cédé via plusieurs détours les droits sur ce prêt et les intérêts à la société offshore de Roldugin.

David P. Weber, professeur de criminalité économique à l’Université du Maryland et ancien enquêteur pour la SEC, le gendarme de la bourse américaine, a analysé pour nous ce transfert: «Grâce à ce contrat, Roldugin peut encaisser 200 millions de dollars ainsi que 21 917 dollars d’intérêts par jour, soit 8 millions par an.» Au paragraphe 2.1, le contrat indique combien Roldugin a payé les droits sur ce prêt: «Un dollar.»

«Cela ne semble faire aucun sens économiquement, relève David Weber. Ça ressemble davantage à de l’évasion fiscale, une escroquerie ou un autre crime qui servirait à blanchir de l’argent.» Le professeur de droit pénal Mark Pieth, de son côté, reconnaît un procédé familier: «Un groupe proche de l’ancien ministre russe des Télécommunications est soupçonné d’avoir blanchi des centaines de millions de dollars. Et cela avec exactement le même type de contrat. Le ministre en question était, lui aussi, un ami de Poutine. Pour moi, c’est le même schéma.»

On ignore si l’argent de ce contrat a bien été versé en Suisse. «Dans n’importe quelle banque, tous les signaux d’alarme auraient dû s’allumer. En particulier quand des partenaires d’affaires russes sont impliqués, et encore plus lorsque l’un des bénéficiaires est un proche de Poutine», poursuit Mark Pieth.

Un coup d’œil aux Panama Papers montre que Sandalwood, l’entreprise qui a transmis les prêts, appartient à une seule personne: Oleg G. Un homme discret, pourtant omniprésent dans les Panama Papers.

Alors que les firmes de Roldugin serviraient à exercer un contrôle, celles d’Oleg G. semblent avoir un autre but: faire transiter des quantités astronomiques d’argent. Dans les données des Panama Papers, quelque 2 milliards de dollars passent par la société d’Oleg G. Rien qu’en 2009, selon sa comptabilité, Sandalwood a touché près de 600 millions de dollars. Cet argent est apparemment ressorti presque immédiatement sous forme de prêts.

Mais d’où vient tout cet argent?

Les Panama Papers indiquent que la Banque commerciale russe (RCB) à Chypre a fixé entre 2010 et 2012 une limite de crédits à 650 millions de dollars. La part utilisée par la société Sandalwood n’est pas connue. La RCB était à l’époque contrôlée par l’Etat russe. Rien ne permet d’expliquer pourquoi la banque a mis à disposition de la société offshore une somme aussi énorme. On n’a pas connaissance d’un modèle économique qui permettrait à Oleg G. de pouvoir rembourser.

Les contrats font apparaître un carrousel doré qui ventile plusieurs centaines de millions de dollars à destination de sociétés offshore.

Oleg G. n’a pas répondu à nos sollicitations. La banque Rossia non plus.

Les Panama Papers nous apprennent autre chose sur Sandalwood et son propriétaire. La banque Rossia a également créé des comptes pour cette société chez Gazprombank en Suisse. Oleg G. apparaît aussi dans la demande d’ouverture de compte pour Roldugin chez Gazprombank Suisse. Il y est mentionné en tant que représentant de Roldugin.

L’intermédiaire

Siège de la banque Rossia à Saint-Pétersbourg

Des contrats pour le contrôle de Kamaz, pour des prêts et des échanges d’actions, ou encore les documents pour l’ouverture d’un compte en Suisse contenant de fausses informations sur Roldugin sont expédiés dès 2010 directement à Zurich par la banque Rossia. Plus précisément à l’étude Dietrich, Baumgartner & Partner.

Les avocats suisses réexpédient tous ces documents à Mossack Fonseca, qui, depuis Panama, dirige pro forma les sociétés de Roldugin et d’Oleg G.

Plus de 1800 documents des Panama Papers mentionnent le cabinet zurichois. Ce qui semble indiquer qu’il constitue un rouage important dans toute la construction offshore de Roldugin et Oleg G.

Dietrich, Baumgartner & Partner n’a pas répondu aux questions détaillées sur ces sociétés et ces transactions. Mossack Fonseca non plus. Dans une réponse générale, l’entreprise panaméenne précise qu’il incombe à ses clients, c’est-à-dire les banques et les avocats, d’effectuer les contrôles sur les bénéficiaires des sociétés, comme Roldugin. En l’occurrence, c’eût été la tâche de Dietrich, Baumgartner & Partner.

Les données le confirment: Jürgen Mossack lui-même écrit en 2009 dans un e-mail au sujet d’un crédit à 103 millions de RCB Chypre à Oleg G.: «C’est délicat. Cela pourrait être de l’argent d’origine suspecte.» Pourtant Mossack Fonseca choisit de signer le prêt: «Notre partenaire pour ce client est un cabinet d’avocats suisse très en vue», justifie la firme.

Techniquement, un avocat suisse est uniquement soumis à la loi sur le blanchiment s’il a accès aux flux d’argent. Les experts considèrent qu’il s’agit d’une lacune de la loi. Dans ce cas, les avocats zurichois ont vu passer de nombreuses transactions et les montants des fortunes en jeu, mais n’avaient probablement pas l’obligation légale de contrôler que l’argent ne provenait pas de sources illégales, parce qu’ils n’avaient pas accès aux flux financiers.

En résumé, la firme panaméenne affirme que c’est à la Suisse d’effectuer des contrôles sur les Russes, mais à Zurich personne ne se semble se sentir responsable. Dans les centaines d’e-mails, qui font parfois référence à des affaires abracadabrantes, personne dans le cabinet d’avocat suisse n’a demandé d’où provenait cet argent. Ainsi, personne ne semble contrôler les Russes.

La menace russe

Reste la question de savoir à qui appartient cette fortune. Une partie de la réponse se trouve peut-être dans les événements qui se sont déroulés mi-mars 2013.

La crise de l’euro est à son paroxysme, Chypre se trouve dans un gouffre financier. L’Union européenne et le gouvernement chypriote décident le 16 mars 2013 de diminuer de 10% la valeur de tous les dépôts bancaires – y compris ceux de la RCB à Chypre où sont gérés les comptes de Sandalwood, le carrousel doré.

A peine la résolution est-elle adoptée que Poutine réagit personnellement et avec une véhémence inédite. Il condamne publiquement la décision. Peu après, le chef du Parti démocratique chypriote, Marios Karoyian, explique dans une interview à la radio: «Le sommet du gouvernement russe nous a clairement laissés entendre que si la banque RCB était touchée, nous devrions faire face à une réaction comme nous n’en avions jamais vu. Le message était très clair.»

La fortune gérée par Sandalwood est-elle passée de l’entourage de Poutine à la banque RCB à Chypre? La banque juge la question «complètement infondée».

«RCB remplit strictement toutes les exigences légales et se conforme aux plus hauts standards dans ses processus», nous a répondu la banque. Plusieurs contrôles comptables auraient eu lieu sur place, notamment durant la période entre 2013 et 2015. Ils auraient été effectués par la Banque centrale chypriote et l’entreprise Deloitte.

La RCB aurait transmis nos questions aux autorités antiblanchiment chypriotes. On peut se réjouir qu’elles se penchent sur la question: il y a dans les Panama Papers de nombreuses transactions qui mériteraient des explications.

Des indices laissent par exemple penser que l’argent a bel et bien été utilisé à des fins personnelles. Les sommes venues de Chypre transitaient par une vingtaine de sociétés-écrans avant d’atterrir finalement dans des entreprises qui sont propriétaires, par exemple, d’un hôtel ou d’un yacht-club.

Mais à qui profite tout cet argent? Un événement qui se déroule dans le plus grand secret, presque en même temps que la crise chypriote, fournit une piste: le mariage de tous les superlatifs dans la station de ski de Igora, au nord de Saint-Pétersbourg.

La station de ski d'Igora

La station de ski d'Igora

Les jeunes mariés sont installés dans un carrosse, tiré par trois chevaux blancs. La mariée porte une robe décorée de perles. Igora, le théâtre de cette fête, est la station où Poutine et ses amis proches ont leurs habitudes.

Grâce aux Panama Papers, on sait d’où vient une partie du financement de l’entreprise propriétaire d’Igora: du carrousel doré du représentant de Roldugin.

Les données montrent comment cinq millions de prêts transitent, non sans quelques détours, d’Oleg G. à Igora. Ce complexe est l’un des rares exemples qui permet de voir où atterrit cet argent.

Le jour de la cérémonie, dans la station, le couple distribue à ses invités des écharpes avec leurs initiales: K K.

Katerina Tichonowa, la seconde fille de Vladimir Poutine

Katerina Tichonowa, la seconde fille de Vladimir Poutine

Le premier K, c’est pour le jeune marié: Kirill Schamalov, fils de l’un des plus gros actionnaires de la banque Rossia. Après le mariage, il a très rapidement acquis une fortune de plusieurs milliards, comme l’a révélé l’agence de presse Reuters.

Peut-être cet enrichissement soudain a-t-il un lien avec la mariée. L’autre K est celui de Katerina Tichonova, la seconde fille de Vladimir Poutine.•

Mise à jour du 12 avril 2016: dans une précédente version du texte, Troika Dialog était présentée comme membre fondateur du Forum économique de Davos alors qu'elle en est l'un des partenaires stratégiques.

LE KREMLIN A DEJA REPLIQUE PREVENTIVEMENT

Une semaine avant la publication de notre article, suite aux questions que nous lui avons soumis, le porte-parole du Kremlin a dénoncé le fait que des médias préparaient «une attaque mensongère» contre Vladimir Poutine et ses proches. L’information a été reprise par plusieurs sites ainsi à la télévision.

Texte
Oliver Zihlmann (Le Matin Dimanche / SonntagsZeitung),
Jake Bernstein (ICIJ),
Petra Blum (NDR, WDR, SZ)
et David Thompson (BBC)

Photos
Platon/Trunk Archive, EPA,
Valery Voennyy / Alarmy Stock Photo,
RIA Novosti, AFP, AP, Reuters, AWL, DR

Réalisation
Alexandre Haederli